Archives pour décembre 2007

23 décembre 2007

Facebook Bus Stop

Classé dans road trip


Salut les tripeux !


Si vous aimeriez rendre votre présence dans la van un peu plus *officielle* et rencontrer toutes les autres personnes le fun qui se trouvent déjà à bord, allez tout de suite vous inscrire sur FACEBOOK.

Une fois que vous serez membre – ou si vous l’êtes déjà – venez vous joindre au groupe Road Trip Destination Bonheur.

Et n’oubliez pas…la van est une Van Magique.
Elle peut contenir le Monde Entier.

Si Noé a été capable, nous-autres aussi on l’est !

Grosses caresses et plein d’amour,
Oza alias Mudd
(et vice versa)
xoxo

22 décembre 2007

Je vous présente Eddy et Violette

Classé dans dessins, famille, road trip, vidéos

Oké…la van est réparée et nous voici au Bardo Drive-in à attendre le début du film.

Les chiens sont couchés à nos pieds, tout le monde est bien installé, le popcorn se promène d’un bord et de l’autre…action !

Ma conception

Edmond pénètre Violette, sans aucun prélude, à 22h28, le 19 novembre 1949, au moment même où la radio fait entendre Frankie Laine et son grand succès du jour, Mule Train.

Mule train!!
(Hyah, hyah)
Mule train!!
Clippety cloppin’ over hill and plain…

Eddy est soûl, paqueté. Étant donné qu’il est marié à Violette depuis plus d’un an, il a cessé de faire sa toilette régulièrement et dégage une forte odeur de sueur et de centaines de cigarettes. Son haleine trahit un mélange de dents pourries, de chou bouilli, et de rots de bière. Violette tourne la tête de côté afin de contempler l’appareil radio – un Emerson Aristrocrat – qui trône sur la table de chevet. « C’est tellement un beau rouge…je suppose qu’on peut appeler ça rouge cerise », qu’elle se dit tout bas, et souhaiterait pouvoir changer de poste et peut-être tomber sur la chanson de Dinah Shore, Buttons And Bows. Mais non.

Mule train!!
(Hyah, hyah)
Mule train!!
Clippety cloppin’ o’er the mountain chain
Soon they’re gonna reach the top, clippety clop, clippety clop…

Violette tourne la tête de nouveau et s’arrête quelques instants – le temps de voir Eddy, son regard bleu poudre, vitreux, rivé sur elle mais totalement absent – puis continue son mouvement circulaire jusqu’à l’autre côté du lit. Fixant la porte de la garde-robe, légèrement entr’ouverte, elle remarque le bout de sa vieille pantoufle en satin rose ; elle se souvient avoir vu le pied gauche traîner sous le canapé, le matin même, alors qu’elle passait l’aspirateur sur le tapis du salon. Ses yeux se promènent ensuite du côté de la grosse commode art-déco, cadeau des beaux-parents, dont le miroir est craqué et tout taché. La chaise qui se trouve à côté a disparu sous la pile de linge sale, une pile si haute que certains morceaux ont déboulé sur le plancher – des bas, surtout, et des caleçons. « Je vais faire le lavage tout de suite en me levant » qu’elle décide, et espère qu’elle se rappellera de sortir le balai pour enlever la grosse toile d’araignée qu’elle aperçoit au plafond. Elle se demande comment elle a bien pu faire pour ne pas la voir avant ce soir, la toile doit mesurer au moins huit pouces de diamètre et pend juste au-dessus de la porte qui mène à la cuisine.

Mule train!!
(Hyah, hyah)
Mule train!!
Clippety cloppin’ through the wind and rain
They’ll keep goin’ till they drop, clippety clop, clippety clop…

Accélérant la cadence, Eddy se remémore la prostituée qui lui a prodigué ses bons services, la veille, dans le camion Ford pick-up de son frère ; la manière dont ses cheveux roux, crêpés et raides de spraynet, frottaient sur sa bedaine de bière. Cette pensée le rend fou et il se raidit aussitôt, puis donne quelques coups saccadés avant de se soulager en grognant, la bouche grande ouverte, une longue traînée de salive s’étirant jusque dans l’oreille et le cou de Violette, qui demeure froide et impassible pendant que son mari s’effondre enfin et s’endort, ronflant et pétant allègrement.

Get along, get along, get along…

Alors que résonnent les dernières notes de la chanson, le spermatozoïde d’Edmond s’introduit dans l’ovule de Violette.

FIN

(Ou devrais-je plutôt dire…le début.)


21 décembre 2007

Le blues du Bardo

Classé dans n'importe quoi


Salut la gang !

Pardonnez-moi…je sais…on est encore pris ici dans le Bardo.
Plate à mort, c’est l’cas de l’dire.

Mais voyez-vous, la van est tombée en panne, hier, et ça m’a pris un temps fou avant de trouver un mécanicien. On attend présentement la livraison des pièces, ne me demandez pas lesquelles, j’en ai aucune idée.

Alors aussitôt la van réparée (quelques heures, au plus), nous assisterons au touchant moment de ma conception – en mangeant du popcorn, bien sûr – et suite à cela, nous serons on the road again !

Soyez prudents…soyez cool,
Oza alias Mudd
(et vice versa)
xoxo

19 décembre 2007

La vie entre deux vies n’est pas une vie

Classé dans dessins, famille, mon histoire

Nous arrivons présentement dans un endroit que certains appellent Bardo
et que d’autres appellent de la foutaise.

(Les appareils photo sont interdits…et fermer vos cellulaires !)

Nous sommes en 1949. Je viens de passer la dernière heure à visionner ma vie antérieure avec un panel de huit juges, tous millénaires et bedonnants. Aussitôt sortie de la salle, je ne me souviens déjà plus de qui j’étais, où j’habitais, et encore moins de la façon dont je suis morte. Je me souviens toutefois avoir entendu des coups de feu, suivis immédiatement d’énormes éclats de rire du côté des juges alors que le visionnement – et du fait même ma vie – prenait fin.

On dit que c’est nous qui choisissons nos parents. Ce n’est pas tout à fait vrai. Les juges nous contraignent, gentiment mais fermement, à opter pour la famille qu’ils croient être bénéfique pour notre développement. Si vous n’êtes pas d’accord avec leur décision, vous êtes pris à rester ici le temps qu’il vous faudra pour en arriver à faire le choix…qu’ils ont choisi. Il y a des gens qui sont ici depuis plus de 800 ans, alors ça vous donne une petite idée à quel point les possibilités de réincarnation ne sont pas toujours alléchantes. Dans mon cas, je tiens à me dénicher une autre vie au plus sacrant afin de poursuivre le fil de mon karma. Je n’ai pas de préférences pour ce qui a trait au pays dans lequel on me parachutera, ni de la langue avec laquelle j’aurai à me débrouiller. Tout ce qui m’importe, c’est retourner sur Terre et avoir une autre chance de trouver le bonheur. Je n’en peux plus d’être parmi ces gens qui passent leur entre-deux-temps à enfiler différentes couleurs de peau, à hésiter devant la forme d’un œil ou d’un échantillon de nez, et j’en ai surtout marre de ce débat à savoir si l’on sera hétéro, homo, ou si on optera pour le combo.

Alors lorsque les juges me proposent la famille Meilleur de Verdun, au Québec, je suis tout excitée. C’est d’abord le fun, au début, d’avoir le privilège de les voir aller dans leur train-train quotidien ; les juges veulent ainsi s’assurer que nous sachions dans quoi nous nous embarquons avant de procéder au transfert final. Mais cela devient vite très plate de les voir aller. Le couple habite chez les parents de l’époux, et même s’ils sont déjà à l’étroit dans leur six et demi, au deuxième étage d’un duplex, madame insiste pour avoir des chambreurs – son frère et un cousin qui ont quitté leur village du Nouveau-Brunswick pour venir faire fortune à Montréal. J’avoue que les parents du monsieur ont l’air de bonnes et honnêtes gens – le vieil homme passe ses journées à se bercer dans la cuisine pendant que la vieille femme confectionne des chapeaux tous plus farfelus les uns que les autres. Et leur fils, lui, est sûrement le plus travaillant des époux car il rentre très tard, et ce à tous les soirs. Quant à la madame, elle ne me semble pas très heureuse. Elle vaque à ses tâches ménagères, jour après jour, préparant les repas, lavant vaisselle, planchers et vêtements, s’occupant des beaux-parents et faisant en sorte qu’ils soient contents du choix qu’a fait leur fils il y a de ça bientôt un an. Elle est un bon petit robot. Un robot siffleur, en plus. Elle peut siffler n’importe quoi, du plus récent succès populaire au plus ancien cantique catholique. Je me dis que ça doit devenir fatigant à la longue.

Mes pensées sont confirmées environ une semaine plus tard. J’ai pris l’habitude de m’asseoir dans l’herbe sous l’arbre de la sagesse, et voici que Philippe se présente à moi. Il a entendu parler de mon imminent retour sur Terre et désire me faire part de certaines informations. Je suis étonnée d’apprendre qu’il a lui-même été assigné à la famille Meilleur il y a à peine dix mois. Aussi pressé que moi pour quitter ces lieux, il a sauté sur l’occasion sans y accorder plus d’attention. Il fut conçu le jour même et se mit à pousser dans les entrailles de la femme siffleuse.

Les mois s’écoulent et bientôt Philippe se rend compte qu’il ne peut plus endurer les sifflements. Malgré que ceux-ci soient assourdis par le liquide amniotique et la présence de gras autour du ventre de la femme, il distingue fort bien le son strident et l’occasionnelle fausse note. Étant donné qu’il est trop tard pour avorter, Philippe procède au Plan B : il s’empiffrera autant qu’il le pourra afin de devenir très gros, et quand viendra le temps de la délivrance, il se pliera en deux et sortira fesses premières, un cas de siège qui, selon lui, figurera aux annales médicales.

Le plan a très bien fonctionné. Mais la dame est presque morte en tentant d’évacuer ce bébé de dix livres. En dernier, le docteur a dû le découper afin de le dégager, morceau par morceau…mort-né.

Maintenant je sais pourquoi la femme a cette tristesse dans le regard. Il y a à peine un mois qu’elle a perdu son enfant. Et même à ça, elle continue sa petite routine, faisant plaisir à tout son monde, sifflant pour effacer les heures, les jours, les peines.

Voici tout d’un coup que mon choix devient évident : je naîtrai dans cette famille et je m’arrangerai pour que ça marche.

C’est tout pour aujourd’hui, les amis. Désolée de vous annoncer que nous passerons la nuit ici ; nous n’avons pas encore terminé notre visite. Montez les tentes, préparez le feu, il fera un froid d’enfer sous peu. Je vous conseille fortement de ne pas vous aventurer trop loin du campement. Parce que vous pourriez ne plus revenir…du moins pas dans votre état original.

Bonne nuit et beaux rêves !

18 décembre 2007

Le jour est venu

Classé dans dessins, road trip, vidéos

Allô !

Je suis certaine que vous avez déjà entendu l’expression populaire qui dit à peu près ceci – en parlant du passé : « Un jour, tu vas te rappeler tout ça et tu vas en rire. »

Eh bien justement, j’ai décidé de vous emmener faire un road trip à travers mon passé afin que nous puissions tous nous tordre de rire en revivant les horrifiants, hallucinants, violents, dégradants, humiliants, ennuyants, affreux et laids petits moments qui ont fait que je suis devenue la personne que je suis aujourd’hui. (Pas le droit de fumer dans la van.)

Je soupçonne aussi que nous nous bidonnerons un bon coup lorsque nous jouerons à identifier chacune des innombrables mauvaises passes qui ont parsemé ma vie, pour ensuite les relier les unes aux autres et finir par prouver hors de tout doute la véracité d’une autre expression populaire, « Tout arrive pour une raison. » (Il y aura peut-être un sondage à ce sujet, donc soyez prêts à y participer.)

Même si j’emploie un ton plutôt badin pour vous expliquer tout ça, je vous préviens que nous nous embarquons pour une mission des plus sérieuses. En effet, il y a certaines choses que j’aimerais bien comprendre, et un paquet de secrets qui doivent être déterrés et révélés une fois pour toutes.

Car voyez-vous, je n’ai pas toujours été cette personne passionnée et pétante d’énergie prête à vous conduire par tous les chemins à la poursuite de souvenirs. Au contraire. J’ai vécu longtemps avec le lourd sentiment d’être prisonnière à l’intérieur d’un monstrueux furoncle, et cette masse putride de chair suintante bloquait complètement la sortie du tunnel – le fameux tunnel au bout duquel on finit par voir la Lumière. J’ai traîné ainsi pendant des décennies dans la noirceur la plus totale, marinant dans ma bulle de pus.

Détraquée.
Dépeignée.
Déprimée.

Mais tout ça, c’est terminé. Comme le chante si bien Bob Dylan, « It’s all over now, Baby Blue. » Parce qu’un moment donné, il y eut un déclic. Et lorsque j’ai senti ce déclic, j’ai tout de suite su que le furoncle avait abouti et que je flottais maintenant dans un océan de bonheur.

Alors une des choses pour lesquelles je tenterai d’obtenir une réponse lors de notre périple – et vous aurez la chance de participer à cette découverte – c’est comment le pus s’est transformé en bonheur.

Je flaire la grosse affaire…
À demain !

Des caresses et plein d’amour,
Oza alias Mudd
(et vice versa)
xoxo

P.S. : J’espère que personne n’est allergique aux chiens – ma fidèle Daisy fait partie du voyage.

Leave your stepping stones behind, something calls for you.
Forget the dead you’ve left, they will not follow you.
The vagabond who’s rapping at your door
Is standing in the clothes that you once wore.
Strike another match, go start anew
And it’s all over now, Baby Blue.
- Bob Dylan